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Qui est Camille de Decker, l’autrice du Serment écarlate ?

Autrice, éditrice et entrepreneuse, Camille de Decker multiplie les genres littéraires sans véritablement vouloir choisir son camp. Après le polar, la romance et les essais consacrés au féminisme, elle prend aujourd’hui la mer avec Le Serment écarlate, une aventure de pirates entre fantastique, romance F/F et Chine du XIXe siècle.

Il suffit de parcourir la bibliographie de Camille de Decker pour comprendre qu’elle apprécie peu les cases. Là où certains écrivains construisent leur carrière autour d’un genre bien identifié, elle semble au contraire prendre plaisir à changer régulièrement de terrain de jeu.

Romans policiers, romances, essais féministes et désormais pirates, fantastique et mythologie chinoise : Camille de Decker écrit avant tout les histoires qu’elle a envie d’explorer. Une liberté créative qui l’a progressivement conduite jusqu’au Serment écarlate, paru le 24 juillet 2026 chez Beta Publisher.

Une autrice qui passe d’un genre à l’autre

Camille de Decker écrit depuis longtemps sans avoir initialement envisagé d’en faire son métier. Sa bibliographie témoigne aujourd’hui d’une curiosité particulièrement large.

Elle est notamment l’autrice de la série d’enquêtes consacrée à Justan Lockholmes, mais aussi des romans Un Amour à la Renverse, dont le principe permet au lecteur d’influencer la trajectoire sentimentale de l’héroïne. Elle s’est également tournée vers l’essai avec C’est pas du féminisme, c’est du bon sens puis Le Patriarcat me coûte un rein !, deux ouvrages consacrés aux inégalités entre les femmes et les hommes.

Du roman d’enquête à la romance en passant par l’essai engagé, son parcours donne ainsi l’image d’une autrice qui préfère expérimenter plutôt que reproduire une formule.

Camille de Decker, également fondatrice de Beta Publisher

Sa relation avec le monde du livre ne se limite d’ailleurs pas à l’écriture. Camille de Decker est également la fondatrice et présidente de Beta Publisher, maison d’édition indépendante créée en 2016.

Dans une interview accordée en 2025, elle expliquait venir d’une famille d’entrepreneurs et avoir découvert un milieu éditorial qu’elle jugeait particulièrement opaque lorsqu’elle a commencé à s’y intéresser. Cette expérience l’a poussée à créer sa propre structure et à envisager l’édition à sa manière.

Beta Publisher développe aujourd’hui un catalogue mêlant notamment littérature de genre, imaginaire, romance, thriller, dystopie et textes engagés. Camille de Decker occupe donc une position assez singulière : celle d’une professionnelle qui connaît le livre à la fois depuis le bureau de l’éditrice et depuis celui de l’autrice.

Le Serment écarlate, un nouveau territoire littéraire

Avec Le Serment écarlate, Camille de Decker change une nouvelle fois de registre.

Cette fois, direction Hong Kong et la mer de Chine en 1842, au lendemain de la première guerre de l’Opium. Catherine Melville, jeune Britannique, se retrouve à bord du Dragon Rouge et sur la route de Hung Faa, capitaine de la flotte rouge et protégée du Roi Dragon.

Piraterie, aventure maritime, romance entre deux femmes, mythologie chinoise et éléments fantastiques composent alors un roman difficile à réduire à une seule étiquette.

Et l’idée du livre possède une origine assez précise. Camille de Decker a expliqué avoir été marquée par la lecture de Taï-Pan de James Clavell, roman consacré à Hong Kong au XIXe siècle. Cette découverte lui a donné envie d’explorer à son tour cette région et cette période.

Un important travail de documentation derrière l’aventure

L’autrice n’était pourtant jamais allée à Hong Kong lorsqu’elle a écrit son roman. Une distance géographique et culturelle dont elle dit avoir été pleinement consciente pendant l’écriture.

Pour construire son univers, Camille de Decker a donc effectué un important travail de recherche sur la Chine et Hong Kong de cette période, mais également sur les relations entre Britanniques, Portugais et Chinois.

Elle s’est documentée jusque dans des aspects très concrets de son récit : les vêtements portés par les pirates, les différents types de bateaux ou encore les réalités géopolitiques de la région.

Ce travail documentaire ne transforme toutefois pas Le Serment écarlate en manuel historique. Le contexte sert d’abord l’aventure et permet d’ancrer les péripéties de Catherine et Hung Faa dans un univers crédible avant d’y faire entrer le fantastique et les références à la mythologie chinoise.

Une ambition finalement très simple : faire voyager

Derrière toutes ces recherches, Camille de Decker revendique pourtant une ambition étonnamment simple pour son roman : divertir.

Interrogée sur ce qu’elle aimerait que les lecteurs retiennent du Serment écarlate dans plusieurs années, l’autrice a expliqué souhaiter avant tout qu’ils aient passé un bon moment. Le livre a été pensé comme un one-shot permettant de voyager, de vivre une aventure et de suivre une histoire d’amour à bord d’un bateau pirate.

Une déclaration qui résume finalement assez bien son parcours littéraire. Camille de Decker peut écrire sur le féminisme dans un essai, imaginer une enquête policière, jouer avec les codes de la romance ou partir à la rencontre des pirates de la mer de Chine : le genre change, mais demeure cette envie d’expérimenter et de raconter.

Avec Le Serment écarlate, elle ajoute ainsi une nouvelle facette à une bibliographie déjà particulièrement éclectique et confirme surtout une chose : difficile de prévoir où Camille de Decker décidera d’emmener ses lecteurs la prochaine fois.