Pour sa collection Automne-Hiver 2026/2027, la Maison Aurélie Bidermann prend la direction de l’Afrique australe et du parc Kruger, en Afrique du Sud. Déclinée en cinq lignes, Safari explore les silhouettes animales, les reliefs minéraux et les textures végétales à travers un vocabulaire de formes sculpturales, de métaux travaillés et de pierres de couleur. Le voyage se traduit moins par une représentation littérale de la savane que par un jeu d’évocations, entre rayures, volumes généreux, surfaces ciselées et détails patinés.

Cette collection prolonge une identité parisienne qui associe couleur, liberté de composition et références à la nature. « Aurélie Bidermann est une Maison parisienne et cosmopolite, avec une identité très forte, solaire, libre et immédiatement reconnaissable », explique Sabine Moinet, directrice générale de la Maison. Elle précise que l’ambition consiste à préserver cette singularité tout en développant la marque en France et à l’international. Avec Safari, cette orientation se traduit par des bijoux qui empruntent à l’imaginaire animalier sans renoncer à la dimension décorative et au travail des matières.
Cinq lignes inspirées par la savane

Le lion donne le ton de Saby, première des cinq lignes. Son visage et sa crinière apparaissent en relief sur une manchette en bois poli, tandis qu’un pendentif, une bague et des pendants d’oreilles déclinent ce motif. Le contraste entre les volumes sculptés, les surfaces patinées et la finesse de certaines pièces permet de jouer sur plusieurs registres, de la présence affirmée d’un bracelet à la discrétion de bijoux plus élancés.
Avec Imbali, le léopard est évoqué par son pelage moucheté et par une construction ajourée qui rappelle certains bijoux anciens. Les bagues et les créoles associent métal lisse, métal martelé et patine, tandis qu’un collier alterne pleins et vides. Le motif animalier devient ainsi un langage graphique, plutôt qu’une reproduction naturaliste.

Le zèbre inspire Thanda, dont les rayures rencontrent les courbes du métal doré. La manchette joue sur une présence visuelle marquée, tandis que des bagues, des créoles et un bracelet en déclinent l’esprit dans des proportions plus fines. Monté sur un cordon ton sur ton, le pendentif évoque un galet ou un objet porte-bonheur. Cette diversité permet d’envisager le bijou seul ou en accumulation, selon l’allure recherchée.
Métal, pierre et gestes artisanaux

Les deux autres lignes s’éloignent davantage des figures animales pour se concentrer sur les textures et les matières. Makoma associe des effets de granulation à des cabochons d’œil-de-bœuf. Les petites perles de métal donnent aux pièces un aspect irrégulier, aux nuances terreuses et mordorées. Les créoles, les bracelets et la manchette font ainsi écho aux reliefs minéraux, tout en laissant une place importante au travail de surface.
Letaba poursuit cette recherche autour des microbilles, des striures et des différentes finitions du métal. La ciselure, le tressage, le polissage et les billes travaillées composent des bijoux à l’architecture étagée. Manchette, bague et boucles d’oreilles jouent sur l’alternance des textures et des brillances, avec un résultat graphique qui dépasse la seule référence au paysage africain.

Pour Sabine Moinet, ces choix s’inscrivent dans les marqueurs historiques de la Maison : « Il y a aussi le travail des volumes, les formes généreuses, l’accumulation, les matières audacieuses et cette capacité à transformer des éléments de la nature en véritables signatures. » Elle cite notamment l’épi de blé, le trèfle, le coquillage ou la feuille de ginkgo, autant de motifs qui nourrissent l’identité créative de la Maison Aurélie Bidermann. L’art et le voyage participent également à cette démarche, avec une recherche d’équilibre entre sophistication et liberté de port.
Les classiques de la Maison en nouvelles couleurs

Safari ne se limite pas à ses cinq lignes inédites. La collection revisite également plusieurs signatures de la Maison, notamment Diana, dont les sautoirs et bracelets se déclinent dans des associations d’or et de marron, une nuance framboise ainsi qu’un effet tie and dye. Les bagues reprennent, autour du doigt, des formes arrondies soulignées de métal doré.

La ligne Positano adopte elle aussi les teintes framboise et marron, sur des bracelets et des mini-créoles. D’autres pièces font référence aux motifs de la girafe et du léopard, tandis qu’un décor en résine noire reprend des lignes géométriques répétitives inspirées de l’artisanat local. Bague, bracelet et boucles d’oreilles asymétriques peuvent être portés ensemble ou séparément.

Cette liberté de composition rejoint la philosophie défendue par la directrice générale : « C’est cette combinaison entre sophistication et liberté qui la distingue : les bijoux sont précieux dans leur expression, mais jamais figés. Ils donnent de l’allure, du caractère et se portent avec beaucoup de naturel. » Dans cette collection Automne-Hiver 2026/2027, l’esprit safari se traduit donc autant par les références à la faune que par le travail des surfaces et la place accordée aux volumes. Un voyage porté par le bijou, où la nature devient une source de formes, de couleurs et de gestes artisanaux.