Le calendrier d’Octobre Rose compte 31 jours de sensibilisation. Les 334 autres jours de l’année racontent pourtant une autre histoire : celle de l’après-cancer, lorsque la fin des traitements ne signifie pas nécessairement le retour à une vie ordinaire. Fatigue persistante, douleurs, mobilité réduite, cicatrices ou modification de la silhouette continuent d’influer sur le quotidien. À ces conséquences physiques s’ajoutent des interrogations intimes, liées à l’image de soi et à la confiance retrouvée.
C’est cette dimension que le concept « Les 334 jours d’après » entend explorer. À travers une rencontre réunissant Anita Care et Brooklyn Fitboxing, l’objectif est de donner la parole aux femmes, de partager des informations utiles et d’aborder la place du mouvement dans le parcours de reconstruction.
Le défi de l’intimité et du quotidien
Christine Custoias, fondatrice de l’association Soleil rose
Parmi les sujets rarement évoqués figure celui de l’habillement. Après une chirurgie mammaire, ouvrir son armoire peut devenir un exercice délicat. Comment enfiler un soutien-gorge lorsque certains mouvements restent difficiles ? Comment retrouver une silhouette dans laquelle on se sent à l’aise ?
Un constat partagé par Christine Custoias, présidente et fondatrice de l’association Soleil Rose, qui témoigne de ce décalage invisible :
« Ce qui m’a le plus surprise, c’est le décalage entre ce que les autres voient et ce que l’on vit réellement. Les cheveux repoussent, on sourit, on reprend certaines activités… et l’on imagine que tout est derrière nous. Pourtant, la fatigue, les douleurs, les neuropathies peuvent continuer à peser sur chaque journée. Ce n’est pas parce que j’ai retrouvé le sourire que j’ai retrouvé ma vie d’avant. »
Pour beaucoup, l’absence de solutions adaptées se fait cruellement sentir. Comme le souligne Caroline Bonneville, responsable marketing et communication d’Anita :
« Certaines femmes se sentent encore seules et démunies face aux changements de leur corps et aux difficultés du quotidien. Il arrive encore qu’elles utilisent des solutions de fortune, comme du coton pour compenser l’absence d’un sein, simplement parce qu’elles ne savent pas vers qui se tourner. »
Caroline Bonneville, responsable marketing et communication d’Anita
Face à ces besoins, l’expertise d’Anita Care – née dans les années 1960 de la volonté d’accompagner les femmes après une mastectomie – s’est continuellement élargie. Aujourd’hui, l’offre propose des prothèses en silicone de nouvelle génération, de la lingerie adaptée, des maillots de bain spécifiques et une ligne sportive, Anita Active.
« Notre ambition est de proposer des solutions à chaque étape, sans enfermer les femmes dans leur parcours médical, rappelle Caroline Bonneville. Elles restent avant tout des femmes qui ont envie de bouger, de se sentir belles, de retrouver leurs habitudes et de profiter pleinement de leur vie. »
Le mouvement : retrouver ses propres repères sans pression
La collaboration avec Brooklyn Fitboxing introduit une autre perspective essentielle : celle du mouvement comme expérience corporelle et parenthèse mentale. L’événement associe boxe sans contact sur sac connecté, cardio et renforcement musculaire.
Mais comment aborder l’activité physique sans sombrer dans l’injonction à la performance ? Christine Custoias insiste sur la liberté de choix :
« Le mouvement m’a permis de retrouver une confiance dans mon corps que la maladie avait profondément ébranlée. Mais mon parcours ne doit devenir une obligation pour personne. Une femme n’a pas à courir un marathon pour prouver sa force. Certains jours, marcher quelques minutes demande déjà énormément. Le mouvement doit ouvrir une possibilité, jamais ajouter une pression. »
Morgane Malet, responsable communication et marketing de Brooklyn Fitboxing France
Une philosophie partagée par Morgane Malet, responsable communication et marketing de Brooklyn Fitboxing France, qui détaille l’accueil réservé aux participantes :
« Nos cours sont accessibles à tous les niveaux et encadrés par des coachs certifiés. Chez Brooklyn Fitboxing, chacun est libre d’évoluer à son rythme : l’objectif est avant tout de bouger, de prendre du plaisir et de pratiquer selon ses capacités, sans jugement. La dimension collective est essentielle pour recréer du lien et reprendre confiance en soi dans un environnement bienveillant. »
De son côté, Caroline Bonneville salue la force de cette synergie :
« L’univers de Brooklyn Fitboxing correspond parfaitement à l’esprit que nous souhaitons donner à nos événements : créer un cadre convivial, où l’on peut s’informer, échanger librement et vivre une expérience collective. »
Octobre Rose : de la prévention à l’engagement perpétuel
Séance d’entrainement au Brooklyn Fitboxing
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement de mobilisation plus large. Né aux États-Unis dans les années 1980 et popularisé par le ruban rose et des figures comme Evelyn Lauder, le mois d’octobre est devenu un rendez-vous incontournable de sensibilisation et de soutien à la recherche, notamment porté en France par l’association Ruban Rose.
En 2026, les initiatives se multiplient pour faire vivre la solidarité toute l’année. Des marques comme Decathlon déploient la collection solidaire « Bougeons en Rose » au profit de la Ligue contre le cancer, tandis que Simone Pérèle propose une capsule « Touch, Care & Love » dont les bénéfices soutiennent Ruban Rose. D’autres réseaux, à l’instar de la Caisse d’Épargne ou d’associations comme HOPE, mobilisent entreprises et grand public à travers des challenges sportifs et des programmes d’art-thérapie. Enfin, à travers la fondation Hit4Change de Brooklyn Fitboxing, chaque séance d’entraînement se transforme en points convertis en dons pour des causes solidaires, dont la santé.
Avec « Les 334 jours d’après », Anita Care et Brooklyn Fitboxing rappellent avec force qu’au-delà des campagnes d’octobre, il reste des corps à apprivoiser et des histoires à écouter. Parce que la reconstruction est un chemin de longue haleine, l’accompagnement et la solidarité doivent, eux aussi, durer toute l’année.