À quelques jours de sa sortie en salles en France, le 15 juillet prochain, nous avons pu découvrir en avant-première L’Odyssée de Christopher Nolan, le nouveau long-métrage tant attendu. Porté par un casting cinq étoiles et tourné aux quatre coins de la Méditerranée. Ce péplum ambitieux revisite le mythe d’Ulysse avec un sens du spectacle rare à Hollywood. Voici les trois raisons qui devraient vous convaincre de foncer au cinéma.
Par Gauthier, le 12 juillet 2026

Douze ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Christopher Nolan pour, selon ses propres mots, oser s’attaquer à Homère. Douze ans de maturation pour un texte vieux de près de trois mille ans, qui continue pourtant de fasciner autant qu’il intimide. Le résultat, découvert en salle obscure quelques jours avant sa sortie officielle, tient toutes ses promesses : dès les premières minutes, un vertige d’échelle et de réalisme s’empare de l’écran, porté par un casting quatre étoiles et des décors qui semblent tout droit sortis de l’Antiquité. Trois ans après le triomphe d’Oppenheimer, le réalisateur revient avec son projet le plus casse-cou : adapter l’un des textes fondateurs de la littérature occidentale. Un pari qui, sur la base de ce que nous avons vu, est largement tenu. Voici pourquoi.
1. L’adaptation d’un mythe légendaire, dans un style de cinéma qui ne se fait plus
Premièrement, adapter Homère au grand écran est un pari fou, et c’est justement ce qui rend L’Odyssée de Christopher Nolan aussi fascinant. Le film reprend le récit du retour d’Ulysse (Matt Damon) vers Ithaque après la guerre de Troie, dix années durant lesquelles le roi grec croise la route du Cyclope Polyphème, des Sirènes ou encore de la magicienne Circé, pendant que son épouse Pénélope et son fils Télémaque tentent, au pays, de repousser une horde de prétendants convaincus qu’il ne reviendra jamais.
Deuxièmement, au-delà de l’histoire, c’est la manière de la raconter qui frappe. Nolan a choisi de tourner l’intégralité du film en caméras IMAX 70 mm. Une première absolue dans l’histoire du cinéma, épaulé par son fidèle directeur de la photographie Hoyte van Hoytema. Les deux hommes ont même modifié l’équipement pour rendre ces caméras habituellement massives plus légères et silencieuses, afin de pouvoir tourner en décors naturels, en pleine mer, sans artifice. Pas de fond vert démesuré, pas de décor entièrement numérique : de vrais bateaux, de vraies vagues, un vrai vent qui décoiffe les acteurs.
En effet, Nolan lui-même décrit le tournage comme presque « primitif ». Expliquant avoir voulu faire ressentir à quel point ces voyages étaient extrêmement difficiles à l’époque. Et combien s’aventurer sur une mer non cartographiée relevait de l’acte de foi. Ce goût pour l’artisanat et le sens de l’échelle rappellent un cinéma de grand spectacle « à l’ancienne ».Bien évidemment, ce que l’on voit de moins en moins à l’heure du tout-numérique.
2. Un casting XXL pour donner corps à cette fresque mythologique
Pour incarner cette galerie de personnages légendaires, Nolan a réuni une distribution proprement démesurée. Matt Damon prête ses traits à Ulysse, entouré de Tom Holland dans le rôle de son fils Télémaque. On retrouve également Anne Hathaway dans celui de Pénélope. À leurs côtés gravitent Zendaya (la déesse Athéna), Robert Pattinson (Antinoos), Charlize Theron (Circé), Lupita Nyong’o (Hélène). Et bien d’autres comme Jon Bernthal (Ménélas), Mia Goth (Mélantho), Elliot Page (Sinon), John Leguizamo (Eumée) ou encore Himesh Patel (Euryloque). Sans oublier une apparition remarquée du rappeur Travis Scott.
De plus, on retrouve dans cette liste des fidèles de Nolan, déjà présents dans Interstellar, Oppenheimer, The Dark Knight Rises ou Tenet. Et aussi des visages plus surprenants. Le résultat est une vraie fresque à plusieurs voix. Même dans les petits rôles, chaque acteur donne vie à son personnage.

3. Des lieux de tournage et des paysages à couper le souffle
Dernier argument, et pas des moindres : la claque visuelle. En effet, le tournage s’est étalé sur environ six mois et 91 jours de prises de vue. Entre le Maroc (la région de Ouarzazate et le ksar d’Aït Ben Haddou). Mais aussi la Grèce (le Péloponnèse, la région de Messénie, Pylos et l’Acrocorinthe à Corinthe). Mais aussi la Sicile (l’île de Favignana), les îles Éoliennes, Malte et même l’Écosse. De plus une réplique de navire viking a été aperçue mouillant près d’Inverness.
Cette itinérance à travers des décors naturels spectaculaires donne au film une ampleur rare. Où chaque escale du voyage d’Ulysse semble filmée dans un lieu unique, baigné d’une lumière qui change avec la géographie. Sur grand format IMAX, la salle de cinéma se transforme littéralement en fenêtre ouverte sur la Méditerranée antique, entre falaises rocheuses, mer déchaînée et lumière dorée du soir.

En conclusion, reste à savoir si le grand public suivra ce pari du blockbuster d’auteur. Au beau milieu d’un été de sorties chargé, entre Vaiana en live action et le retour de Spider-Man. Une chose est sûre : Christopher Nolan n’a jamais autant pris la mesure de son sujet. L’Odyssée pourrait bien rester dans les mémoires comme l’un des grands actes du cinéma contemporain. À voir dès le 15 juillet en salles.

