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Bouvet Ladubay célèbre 175 ans de fines bulles en Val de Loire

Fondée en 1851 à Saumur, Bouvet Ladubay fête cette année son 175ᵉ anniversaire. De ses caves creusées dans le tuffeau à son rayonnement dans une cinquantaine de pays, la maison retrace une histoire façonnée par deux familles, un savoir-faire viticole et un attachement durable à la culture.

L’histoire de Bouvet Ladubay commence lorsque Étienne Bouvet, fils de tonnelier, acquiert des carrières de tuffeau destinées à devenir des caves. En 1851, il fonde la maison aux côtés de son épouse, Célestine Ladubay, avec l’ambition d’élaborer des vins effervescents selon la méthode traditionnelle.

Étienne Bouvet ne pense cependant pas uniquement à la production. Il imagine un véritable lieu de vie où le travail, l’innovation, la culture et le bien-être peuvent coexister. Une vision qui va progressivement façonner l’identité de la maison.

Dès 1860, Bouvet Ladubay se tourne vers l’international, en particulier vers le Royaume-Uni, où elle devient fournisseur officiel du Parlement britannique. Cette ouverture précoce constitue encore aujourd’hui une part importante de son activité.

Deux familles au service d’un même héritage

Après la disparition d’Étienne Bouvet en 1908, la maison traverse plusieurs années difficiles, marquées par la Première Guerre mondiale et la crise économique. Une nouvelle étape commence avec son rachat par la famille Monmousseau en 1932.

Sous l’impulsion de Justin-Marcel Monmousseau, puis de son fils Jean, Bouvet Ladubay renoue avec les cuvées d’exception et développe sa présence à l’étranger. La maison est ensuite acquise par Claude Taittinger en 1972, avant d’intégrer le groupe United Spirits en 2006.

En 2015, la famille Monmousseau reprend finalement le contrôle de l’entreprise, qui retrouve son indépendance. Juliette Monmousseau, représentante de la quatrième génération, dirige aujourd’hui la maison et poursuit cette histoire familiale commencée près d’un siècle plus tôt.

Entre caves historiques et outils contemporains

Bouvet Ladubay continue d’élaborer ses vins effervescents sur son site historique de Saint-Hilaire-Saint-Florent, à Saumur. Sa cuverie est installée au-dessus des caves en tuffeau, où reposent près de 1 300 barriques.

La production repose principalement sur le Chenin, complété par du Chardonnay pour certaines cuvées blanches, ainsi que par du Cabernet Franc et du Grolleau pour les rosés. Selon la maison, l’ensemble de son approvisionnement provient d’exploitations certifiées Haute Valeur Environnementale.

À quelques kilomètres, le site contemporain de Distré, baptisé Full Metal, complète ce dispositif depuis 2008. À la fin de l’année 2025, cent millions de bouteilles y avaient été produites. Ses équipements ont par ailleurs été renouvelés au cours des trois dernières années.

Des bulles de Loire présentes dans le monde entier

Les Saumur et Crémants de Loire de Bouvet Ladubay sont aujourd’hui distribués dans une cinquantaine de pays. L’international représente environ les deux tiers des ventes de la maison, avec l’Allemagne comme premier marché à l’export, devant le Royaume-Uni et les États-Unis.

Ce développement s’accompagne d’une collection composée aussi bien de bruts que de cuvées zéro dosage. Certaines références ont particulièrement marqué son histoire, à l’image de Saphir, créée au début des années 1970 et dont le cinquantième anniversaire sera célébré avec le millésime 2024, lancé en octobre 2026.

La cuvée Trésor, née en 1987, met en avant le Chenin et le Chardonnay après un passage en fûts de chêne. Instinct, créée en 2000, bénéficie quant à elle d’un élevage minimum de 36 mois. Plus confidentielle, la cuvée Ogmius est produite à seulement 3 800 magnums.

Le vin une porte d’entrée vers l’art et le patrimoine

Bouvet Ladubay a également développé une importante activité œnotouristique autour de ses caves et de son patrimoine. Près de 40 000 visiteurs découvrent chaque année le site historique, ses espaces de dégustation, son théâtre, sa collection hippomobile et son Centre d’Art contemporain.

Ouvert il y a plus de trente-cinq ans, ce dernier a accueilli des artistes comme César, Olivier Debré, François Morellet, Paul Jenkins ou Valerio Adami. Pour l’année anniversaire, la maison donne carte blanche au photographe Jean-Marie del Moral.

L’exposition rassemble 157 photographies consacrées aux peintres et sculpteurs dans leur atelier. Depuis sa rencontre avec Joan Miró en 1978, Jean-Marie del Moral explore en effet les espaces de création et le travail des artistes. Une programmation qui rappelle que, chez Bouvet Ladubay, l’histoire du vin s’est toujours écrite en dialogue avec la culture.

À travers ses 175 ans, la maison saumuroise célèbre ainsi davantage qu’une longévité. Elle met en avant la transmission d’un savoir-faire, son inscription dans le territoire ligérien et sa capacité à faire évoluer ses méthodes sans rompre avec son héritage.

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