Né d’une réflexion personnelle d’Élodie Carpentier, Le Rouge Français s’est construit autour d’une idée simple en apparence mais techniquement ambitieuse : remplacer les pigments synthétiques par ceux issus de plantes tinctoriales, sans renoncer à l’intensité, à la tenue ni à la sensorialité du maquillage. Une approche qui place la biotechnologie et le végétal au cœur d’une nouvelle génération de cosmétiques.
Devenu une maison de beauté proposant aujourd’hui maquillage et soins, Le Rouge Français entend faire de cette innovation un véritable levier de développement, en France comme à l’international. Avec plus de 200 points de vente et une collection de rouges à lèvres qui décline 15 teintes, la marque cherche désormais à changer d’échelle tout en conservant un savoir-faire breveté et développé en France.
De la plante tinctoriale à la couleur haute performance
L’histoire du Rouge Français commence avec une remise en question des codes traditionnels du maquillage. À la naissance de sa fille, Élodie Carpentier s’interroge sur la composition de ses produits de beauté. Après plus de quinze ans dans l’industrie pharmaceutique, elle choisit de mettre son expérience des biotechnologies au service d’une autre approche de la cosmétique. Sa passion pour la botanique et l’histoire de l’art l’oriente vers les plantes tinctoriales et leur potentiel coloriel.
La marque développe ainsi une technologie brevetée permettant d’extraire les pigments de ces végétaux tout en préservant certaines de leurs propriétés. Garance, sappan, hibiscus, betterave, roucou, sorgho, indigo ou encore rose de Damas deviennent autant de sources de couleurs. Le résultat revendiqué : des pigments pouvant offrir des teintes jusqu’à cinq fois plus profondes et vibrantes, associés à des huiles, beurres et cires végétales.
Cette recherche se traduit notamment par Le Rouge Signature, une collection de 15 teintes réparties entre rouges, roses, bruns et nudes. Certifiée bio pour la majorité des références et vegan, la gamme revendique également l’absence de PFAS et de dioxyde de titane. La démarche s’étend jusqu’au packaging, avec un étui biosourcé à base d’huile de ricin, rechargeable et recyclable.
Changer d’échelle sans renoncer à la conviction

Derrière l’innovation cosmétique se joue aussi une question entrepreneuriale : comment transformer une expertise de niche en maison de beauté capable de s’imposer sur un marché international ? Le Rouge Français est désormais distribué dans plus de 200 points de vente et développe son savoir-faire au-delà du rouge à lèvres, vers le teint, le regard et le soin. Pour Élodie Carpentier, l’enjeu consiste à faire connaître cette approche au plus grand nombre tout en conservant ce qui constitue l’identité de la maison : une couleur végétale développée en France.
Cet engagement dépasse d’ailleurs le seul cadre de la beauté. Élodie Carpentier est également Présidente de Citizen Entrepreneurs et participe au G20 Young Entrepreneurs’ Alliance, réseau international qui réunit de jeunes entrepreneurs autour des grands enjeux économiques et sociétaux. Elle y défend notamment la voix des entrepreneurs, l’excellence française et la place des femmes dans l’entrepreneuriat. Avec la délégation française et YesForEurope, elle porte également l’ambition d’accueillir le G20 Young Entrepreneurs’ Alliance en France en 2029.
Une double dimension qui éclaire autrement le projet du Rouge Français : derrière le rouge à lèvres se dessine une réflexion plus large sur la manière dont innovation, entrepreneuriat et biodiversité peuvent participer à l’évolution de l’industrie cosmétique. Comme le résume sa fondatrice, la transformation ne vient pas uniquement des grandes institutions, mais aussi de ceux qui « créent, innovent et refusent le compromis ».
Derrière cette révolution de la couleur se dessine surtout une vision de la beauté, à la croisée de la science, du végétal et de l’entrepreneuriat. Une vision qu’Élodie Carpentier partage dans cet entretien, en revenant sur l’histoire du Rouge Français, ses ambitions et les transformations à venir du secteur.
INTERVIEW
VICKY BERGER : Vous avez créé Le Rouge Français autour d’une conviction forte : réinventer la couleur par le végétal. Qu’est-ce qui vous a personnellement poussée à remettre en question les codes traditionnels du maquillage et à faire de la recherche végétale le cœur de votre innovation ?
La naissance de ma fille a été un véritable déclic. En devenant mère, j’ai commencé à porter un regard différent sur ce que je choisissais au quotidien, mais aussi sur les produits que j’appliquais sur ma peau. J’ai alors réalisé que je ne trouvais pas le maquillage auquel j’aspirais : des couleurs intenses, une véritable sensorialité et une formulation exigeante, dans une approche plus respectueuse de la peau et du vivant.
Après plus de quinze ans dans l’industrie pharmaceutique, j’avais la conviction que la biotechnologie pouvait ouvrir de nouvelles perspectives. Ma passion pour la botanique et l’histoire de l’art m’a naturellement conduite vers les plantes tinctoriales, dont les pigments offrent une richesse colorielle fascinante.
C’est à la croisée de la science, du végétal et de l’élégance à la française qu’est née l’ambition de la Maison Le Rouge Français : réinventer les codes de la beauté en faisant de la couleur végétale le cœur de notre innovation.
VICKY BERGER : Le Rouge Français revendique une approche qui va « au-delà du maquillage », avec des pigments végétaux, des actifs protecteurs et des formules certifiées bio. Comment parvenez-vous à concilier naturalité, performance et intensité de la couleur, qui sont souvent présentées comme difficiles à associer ?
C’est précisément là que réside notre différence : nous ne considérons pas la naturalité comme une contrainte, mais comme un nouveau territoire de performance. Notre innovation révèle le potentiel du végétal pour répondre aux exigences du maquillage contemporain.
Les pigments végétaux que nous extrayons des plantes tinctoriales permettent d’obtenir des teintes jusqu’à cinq fois plus profondes et vibrantes. Mais ils ne servent pas uniquement à colorer : ils conservent certaines propriétés naturelles, notamment antioxydantes, apaisantes ou protectrices pour la peau. Associés à des cires et des huiles riches en acides gras essentiels, nos formules nourrissent et embellissent la peau à chaque application.
Le maquillage devient ainsi plus qu’un geste esthétique : il sublime tout en prenant soin de la peau. Un véritable soin coloriel.
C’est cette approche qui nous permet de proposer une alternative aux pigments synthétiques et non renouvelables, encore largement utilisés dans l’industrie cosmétique.
VICKY BERGER : La Maison a aujourd’hui élargi son savoir-faire au-delà du rouge à lèvres, avec le regard, le teint et les soins, tout en développant notamment des systèmes de recharge. Comment imaginez-vous la prochaine étape du développement du Rouge Français, en France et à l’international ?

Notre ambition est de poursuivre le développement de la Maison, en France comme à l’international, tout en restant fidèles à ce qui fait notre singularité : réinventer la couleur à travers le végétal.
Les possibilités offertes par la couleur végétale sont immenses. Après avoir commencé avec le rouge à lèvres, notre savoir-faire s’étend aujourd’hui au teint, au regard et au soin. Nous souhaitons continuer à explorer ce potentiel et à enrichir notre offre, toujours à l’écoute des évolutions du marché et des attentes des consommateurs.
Aujourd’hui présents dans plus de 200 points de vente, nous avons l’ambition de poursuivre ce développement et de faire rayonner l’excellence et l’élégance à la française, à travers un savoir-faire breveté et développé en France. Faire découvrir cette nouvelle approche de la beauté à un nombre toujours plus grand de consommateurs est au cœur de cette ambition.
VICKY BERGER : Entreprendre dans la beauté implique aujourd’hui de conjuguer innovation, responsabilité environnementale, exigences réglementaires et désirabilité. Avec le recul, quel a été le plus grand défi entrepreneurial que vous avez dû relever depuis la création du Rouge Français ?
Le plus grand défi, lorsque l’on est précurseur, est sans doute de faire entendre sa voix. Le Rouge Français réinvente les codes de la beauté : il fallait donc convaincre, expliquer, mais surtout démontrer qu’il était possible d’associer pigments végétaux, intensité de la couleur, tenue, sensorialité et bienfaits pour la peau.
Cela demande du temps, de la persévérance et la capacité à rester fidèle à sa conviction.
Avec le recul, je dirais que notre plus grand défi a été de faire émerger une nouvelle façon de penser la beauté et de trouver notre place dans une industrie aux codes bien établis. C’est aussi ce qui rend le chemin parcouru particulièrement précieux.
VICKY BERGER : Après plusieurs années consacrées à faire émerger une nouvelle approche de la beauté, quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’évolution des attentes des consommateurs ? Et quelles sont, selon vous, les transformations qui vont le plus durablement redessiner l’industrie cosmétique dans les prochaines années ?

Les attentes des consommateurs ont profondément évolué. Plus informés, ils sont aujourd’hui attentifs à ce qu’ils appliquent sur leur peau, à l’origine des ingrédients et à l’impact de leurs choix. Mais ils restent attachés au plaisir, à la sensorialité et à la performance : ils recherchent une beauté plus consciente, sans renoncer à ce qui la rend désirable.
Le phénomène de skinification illustre particulièrement bien cette évolution. Le maquillage intègre de plus en plus les codes du soin, avec une attention portée à la formulation et aux bénéfices apportés à la peau. Cette évolution fait écho à notre démarche depuis la création de la Maison : imaginer une nouvelle génération de maquillage, où couleur, performance et soin se rencontrent.
Je pense que cette convergence entre maquillage et soin va continuer à transformer l’industrie cosmétique. Chez Le Rouge Français, nos créations s’inspirent d’hier pour répondre aux besoins d’aujourd’hui et de demain. Les biotechnologies et l’innovation végétale auront, à mon sens, un rôle majeur à jouer dans cette évolution, en ouvrant de nouvelles possibilités pour formuler autrement, sans renoncer à l’efficacité.
VICKY BERGER : Vous êtes engagée au sein du G20 Young Entrepreneurs’ Alliance. Que représente pour vous cette participation et quels enjeux souhaitez-vous porter, notamment en tant que femme entrepreneure, au sein de cette instance internationale ?
Participer au G20 Young Entrepreneurs’ Alliance, qui réunit des entrepreneurs engagés et visionnaires du monde entier, représente une étape importante dans mon parcours de femme entrepreneure. En tant que Présidente de Citizen Entrepreneurs, mon engagement me permet de faire remonter la voix du terrain, celle de centaines de dirigeants qui prennent des risques chaque jour, et de la porter là où les décisions se prennent. C’est aussi une opportunité de défendre l’excellence française et de contribuer aux réflexions sur les grands enjeux de demain. Nous aurons également à cœur de représenter la France avec une délégation forte au sein de l’Alliance internationale et de YesForEurope, avec l’ambition de porter le projet d’organiser le G20 Young Entrepreneurs’ Alliance en France en 2029.
C’est un prolongement naturel de la mission qui guide mon parcours entrepreneurial : conjuguer mon expertise dans l’industrie de la santé avec ma passion pour la botanique pour réinventer la beauté à travers une révolution végétale, qui respecte la biodiversité et la santé de chacune des femmes.
On pense souvent que le changement vient d’en haut. Je suis convaincue qu’il se construit aussi grâce à ceux qui créent, innovent et refusent le compromis. C’est tout le sens de cet engagement.
INFOS PRATIQUES
Le Rouge Français
📍 16 rue de Turenne, 75004 Paris (Le Marais)
📞 07 66 83 05 05
🕐 Du mardi au samedi, 11h–14h et 15h30–19h
🌐 lerougefrancais.fr
📷 Instagram : @lerougefrancais