Du 13 au 17 octobre 2026, le Publicisdrugstore a accueilli la deuxième édition de son Food & Wine Festival, dans le cadre de la Semaine du Goût. Placé sous le thème « Le goût en héritage », ce rendez-vous parisien a réuni chefs, auteurs et artisans autour de la transmission des savoir-faire culinaires. Parrain de cette édition, Éric Frechon était accompagné des chefs Amélie Darvas et Thomas Chisholm, ainsi que du chef Bruno Aubin et de la cheffe pâtissière Léna Thiam. Au programme : dégustations, masterclass, signatures d’ouvrages et créations à découvrir au restaurant Le Drugstore, dans une programmation qui faisait dialoguer gastronomie et culture sur les Champs-Élysées.

Cette édition a également mis en lumière la dimension mémorielle du goût. Associée à Marcel Proust, la madeleine a servi de fil conducteur à l’événement, rappelant combien une saveur peut faire ressurgir un souvenir d’enfance ou évoquer une histoire familiale. Proposées à la sortie du four, les Madeleines du Drugstore ont ainsi accompagné les rencontres et les découvertes culinaires. Au-delà de la dégustation, le festival a prolongé cette réflexion avec le prix littéraire « Tous les Goûts ont une Histoire », qui récompense des ouvrages explorant la gastronomie à travers les récits, les produits, les territoires et les parcours de celles et ceux qui la font vivre.
Des chefs réunis autour du goût et de la transmission
Au restaurant Le Drugstore, les créations proposées pendant le festival ont illustré la diversité des approches culinaires. Éric Frechon a notamment présenté des cuisses de grenouille dorées au tandoori, à la coriandre et au gingembre, ainsi qu’un saumon confit accompagné de concombre, de riz soufflé, de poivron jaune et de fleurs. Amélie Darvas a travaillé la courge en velouté, avec un beurre noisette aux grains de café concassés et du combawa.

Thomas Chisholm a, quant à lui, proposé des poireaux braisés, associés à une sauce mousseline fumée, du jaune d’œuf et du citron confit. Son second plat s’inspirait de l’oxtail stew, un ragoût de queue de bœuf originaire du sud des États-Unis.

La cheffe pâtissière Léna Thiam a apporté une touche sucrée à cette programmation avec sa boîte de caviar de vanille et les churros du Drugstore servis avec une sauce au chocolat épicé. Ces créations côtoyaient les propositions habituelles de l’établissement dans un format pensé pour le partage.

Le festival s’est également déployé hors du restaurant. À l’entrée de l’avenue des Champs-Élysées, le kiosque à madeleines mettait à l’honneur cette pâtisserie associée aux souvenirs gourmands. Rue Vernet, un food truck a fait découvrir les sandwiches vénézuéliens d’Aji Dulce, inspirés de recettes familiales, puis les spécialités italiennes de Puccia. Les dégustations, les ateliers et les rencontres ont ainsi permis d’aborder la gastronomie par différentes voies, du geste technique à la découverte d’autres traditions culinaires.
Pierre Gagnaire récompensé pour un roman graphique autobiographique
L’autre temps fort de cette édition était la remise du prix littéraire « Tous les Goûts ont une Histoire ». Pour 2026, le jury a distingué Gagnaire, le cuisinier malgré lui, publié chez Denoël Graphic et signé par Pierre Gagnaire, Gautier Battistella et Martin Veyron. Le roman graphique mêle autobiographie, portraits de chefs ayant marqué le parcours du cuisinier et réflexions sur l’apprentissage du métier. Il dessine le portrait d’un homme habité par le doute, dont les rencontres et les intuitions ont progressivement façonné la trajectoire.
Gautier Battistella a évoqué la complicité qui unit les trois auteurs, née notamment de son amitié avec Pierre Gagnaire et de sa rencontre avec Martin Veyron. Le chef a, de son côté, salué le titre du prix, qui rassemble deux dimensions essentielles de son parcours : le goût et l’histoire.
La sélection 2026 témoignait de la diversité de l’édition gastronomique. Transmettre. La cuisine en héritage, de Régis, Jacques et Paul Marcon, interroge la transmission familiale des savoirs, tandis que La cuisine japonaise du zen, d’Hiroko Kikuchi-Bouquillon et François Bouquillon, explore des traditions culinaires japonaises. Avec Racine. Œuvres de cuisinier, Kazuyuki Yukata établit des correspondances entre cuisine et création artistique. D’autres ouvrages abordent les habitudes alimentaires, l’univers des sauces ou encore le parcours du chef Dimitri Droisneau à La Villa Madie.

Composé de personnalités issues de la littérature, de la gastronomie et de la culture, parmi lesquelles Aure Atika, Éric Frechon, Guillaume Gomez et Nicolas d’Estienne d’Orves, le jury a ainsi distingué un ouvrage qui raconte la cuisine autrement que par les recettes. Le festival a également donné lieu à des séances de dédicaces, prolongeant les échanges entre auteurs et lecteurs.
En associant cuisine, littérature et rencontres, cette deuxième édition du Publicisdrugstore Food & Wine Festival a rappelé que le goût s’inscrit dans une histoire collective autant que personnelle. Des gestes appris auprès d’un chef aux recettes transmises dans une famille, la gastronomie se nourrit de cette continuité, tout en laissant une place aux interprétations et aux créations nouvelles.